Au Cabinet d’Ostéopathie, il m’arrive d’aborder le sujet avec quelques patient.e.s en évoquant leur santé au quotidien. Et je remarque que les salariés, les travailleurs indépendants, les femmes (ou les hommes) au foyer les plus actifs – mais qui ne s’épuisent pas ! – sont ceux qui maîtrisent deux compétences en apparence contradictoires : l’engagement (ou l’effort) et le lâcher prise.

Pour s’autoriser à lâcher prise, il faut déjà comprendre à quel point la capacité à ne pas agir peut quelquefois être utile et productive. Cette aptitude au lâcher prise se nourrit de la culture asiatique. Les sages chinois maîtres en tranquillité en donnent quelques exemples inspirants et motivants. On façonne de l’argile pour faire une cruche. Mais c’est l’endroit vide qui est utile. On construit une maison avec des portes, des fenêtres et des murs. Pourtant les espaces dont on se sert et que l’on habite sont ceux qui sont vides.

Le lâcher prise est bon pour la vie professionnelle comme pour la vie personnelle. On se sent moins stressé et moins fatigué. Le principal effet du lâcher prise est d’arrêter de se battre contre soi-même, sa nature, son caractère. Dans sa manière de travailler, on peut se corriger et progresser sans se punir, se bousculer ni se mortifier. Le lâcher prise est également utile dans les conflits comme dans les compétitions. La force finit toujours par se retourner contre elle-même. Il ne faut pas chercher pas à briller par les armes de quelque nature que soient les armes. Gagner par des armes appelle la riposte. La femme ou l’homme vraiment efficace n’agit violemment sur rien et ne détruit rien. Comme il ne s’empare de rien par brutalité, il n’a rien à perdre. Exercer le lâcher prise guérit des tendances à la surenchère ou l’escalade sans fin. Le sage chinois Lao-tseu le dit autrement : « Le plus grand conquérant est celui qui sait vaincre sans bataille. ». Une autre incitation au lâcher prise vient de la terre et de la nature. Si la terre dure depuis aussi longtemps c’est qu’elle ne lutte pas contre elle-même… à la différence des humains qui la peuplent.

Comment s’entraîner au lâcher prise

Vous avez appris à maîtriser. Il est temps de vous entraîner à l’inverse sans croire que cela relève de l’inertie ou de la paresse. Trois bonnes habitudes développent votre talent de lâcher prise.

Entraînez vous à ne pas prononcer de paroles agressives ni contre vous ni contre les autres.

Moins on prononce de mots agressifs, mieux on va. Là encore la sagesse chinoise enseigne et inspire. Vous pouvez mettre en place des paroles remplaçant l’agressivité par au minimum la neutralité. En situation de reproche, vous pouvez, en formulant les mêmes critiques, trouver une manière plus neutre de transmettre le même contenu.

Servez-vous de l’image de la vague

Une vague monte et finit toujours par retomber. Ce qui fâche, énerve, dépasse finit aussi par retomber. Quand l’envie d’action ou de parole agressive est trop forte, vous pouvez vous représenter l’image d’une vague. Pour accepter ce qui vous déplaît, vous avez aussi besoin d’une image de vague. Ce n’est qu’un petit moment à passer, et respirer profondément vous aidera à exercer le lâcher prise.

Il y a une autre utilité à l’image de la vague. Elle rappelle que la fluctuation est la règle, que l’on réussisse ou que l’on échoue. Quand on est au creux de la vague, la seule chance de ne pas se noyer est de se laisser porter par l’eau. La vague renforce à la fois l’optimisme et la résilience. Si cela vous aide, vous pouvez produire une image mentale de vague ou encore regarder une image extérieure de vague. La vague vous poussera à vous dire, comme toutes et ceux qui lâchent prise face au mauvais temps : « Après tout, la meilleure chose à faire quand il pleut, c’est de laisser tomber la pluie ».

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